Huilerie & production

Décanteur deux phases ou trois phases : quelle différence pour la trituration ?

13/09/2026

Au cœur du procédé d'extraction moderne de l'huile d'olive se trouve le

décanteur centrifuge, qui sépare l'huile des autres composants de la

pâte d'olive broyée. Deux grandes familles de technologie coexistent

sur le marché — le décanteur deux phases et le décanteur trois phases

— avec des implications concrètes sur le rendement, la consommation

d'eau et les sous-produits générés.

Le principe commun : séparer par centrifugation

Après le broyage et le malaxage, la pâte d'olive est introduite dans le

décanteur, qui la fait tourner à très grande vitesse. Cette

centrifugation sépare les composants selon leur densité : l'huile,

plus légère, se sépare des éléments plus lourds (eau de végétation,

résidus solides). La différence entre les deux technologies tient à

combien de flux distincts ressortent de cette séparation.

Le décanteur trois phases

Le décanteur trois phases sépare la pâte d'olive en trois flux

distincts : l'huile, la margine (eau de végétation mélangée à l'eau

de procédé) et les grignons (résidu solide). Cette technologie,

historiquement plus répandue, nécessite l'ajout d'eau de dilution

pendant le processus de centrifugation, ce qui génère un volume de

margine plus important que la technologie deux phases.

Le décanteur deux phases

Le décanteur deux phases sépare la pâte en seulement deux flux :

l'huile d'un côté, et un résidu humide combinant grignons et margine

de l'autre (parfois appelé « grignon humide » ou « alpeorujo » dans

la littérature technique méditerranéenne). Cette technologie nécessite

peu ou pas d'eau de dilution ajoutée, ce qui réduit fortement le

volume d'effluent liquide généré par la trituration elle-même.

Ce que cela change concrètement pour une huilerie

Trois phasesDeux phases
Flux en sortieHuile / margine / grignons séparésHuile / résidu humide combiné
Eau de dilutionNécessaireFaible ou nulle
Volume de marginePlus élevéRéduit
Gestion du résidu solideGrignon plus sec, plus facile à valoriser en l'étatRésidu plus humide, valorisation parfois plus complexe sans traitement complémentaire

Le choix entre les deux technologies n'est donc pas qu'une question de

rendement en huile : c'est aussi un arbitrage entre la charge

environnementale liée à la margine (plus faible en deux phases) et la

facilité de gestion du résidu solide (parfois plus simple en trois

phases, le grignon obtenu étant plus sec).

Un choix qui dépasse la seule huilerie

La technologie retenue influence directement le volume de margine à

évacuer (cf. notre article sur les sous-produits de la trituration) et

la nature du grignon obtenu, avec des conséquences sur les filières de

valorisation disponibles localement. Une huilerie qui investit dans un

nouveau décanteur a donc intérêt à examiner, en amont, quelles filières

d'évacuation ou de valorisation des sous-produits sont réellement

accessibles dans sa région, plutôt que de choisir uniquement sur la

base du rendement en huile affiché par le fournisseur d'équipement.

En résumé

  • Le décanteur trois phases sépare huile, margine et grignons ; le

décanteur deux phases combine grignons et margine en un seul résidu

humide.

  • Le deux phases utilise moins d'eau de dilution et génère moins de

margine, mais un résidu solide plus humide à valoriser.

  • Le choix technologique a un impact direct sur la charge

environnementale et sur les filières de valorisation des

sous-produits disponibles.

  • Ce choix mérite d'être évalué avec les filières de valorisation

locales en tête, pas seulement le rendement en huile affiché.

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